J'ai mal de toi qui me voit mes yeux, lentement, mouvement presque langoureux, se fermer sur la vie, notre vie, la vie de la notre.
J'ai mal de toi, amie, de tous ces longs textes que je n'ai pas écris.
De toi qui me voit sans cesse vomir ces instants de couleur et de vie, de toi qui voudrait que le papillon s'envole une bonne fois pour toutes.
Toi qui ne croit pas en mon aérialité, adrénalité, mort d'un rêve-réalité, surrénalité, pour toujours alité.
C'est l'héroïne.
As-tu vu la chute, longue sous forme d'une envolée. Seras-tu là, dans mes milliers d'années/secondes, sur la piste d'atterrissage?
Toi qui voit aux jours ces rails qui ne sont pas là pour me guider, toi qui restera toujours sur le quai d'un train qui me berce jusqu'aux aubes loin loin qui ne signifient rien.
Toi qui me voit lancée en sacrifice aux crocs carnassiers du manque, mon petit corps en pâture aux tremblements
Toi ma belle qui me tient la main pour que je tombe plus doucement, que je meure délicatement.
A petit feu, tu les vois toutes s'éteindre, ces flammes qui te fascinaient alors.
Oh, je le sais, que tu n'es pas dupe, aucun crédit accordé, agitation surfaite, tissée de mort aux fils cassés surtout quand je ne peux plus parler.
Ça fait si longtemps, n'est-ce pas, que quelque chose s'est cassé en moi?
Tu me l'as dit une seule fois...
Quand j'étais encore capable de comprendre avec les yeux, de sentir avec les mains et d'entendre en dansant.
Tu m'as vue ballerine en tutu, échouée sur une plage sans nom, quand mes rêves m'ont rejetée à la mer.
Tu vois bien que c'est aussi un peu de ça que je me venge, en respirant à plein nez un néant un peu acide mais dénué de toute beauté.
Tu vois bien que mon âme ne s'ouvre plus sur les mêmes espoirs, que le futur n'est plus accessible.
Tu vois tant de choses que je ne peux te rendre que par une présence absente/vacillante, stupéfiant slalom vers le bas de la pente, s'étendre dans la neige, toutes nuances de blanc, évidemment.
Je suis désolée que peut-être à ma déchéance tu ait fini par t'habituer, je voudrais répondre au téléphone plus souvent. Je voudrais rire intensément. T'écouter attentivement, sans cette paroi de verre glacée entre mes yeux et quoi? la réalité?
Je voudrais croire encore, mes forces sans résonance, juste te dire merci. A toi qui..
Merci.



